Pourquoi la Gaité ?

Témoignages
http://idata.over-blog.com/3/47/30/86/bt_home2.png (Gaité-Lyrique et Ballets russes )


R Buckle. Diaghilev. Waidenfield and Nicolson, London, 1979.

« The Gaité Lyrique, where the Paris season was to be hold, was not the sort of theatre at which Parisians expected to see the Russian Ballet. Situated on the Boulevard de Sébastopol, in a working class district, it was a home of operetta, and catered for a local audience. When les gens du quartier, saw Diaghilev's regular customers arriving for the first night in top-hats and tails, evening dresses and diamonds, they whistled and booed. Yet, although it was a rather come-down for the balet to appear in such a theatre, the result was that a new audience began to appreciate it. »

 

« La Gaité-Lyrique, où la saison parisienne devait se tenir, n'était pas le genre de théâtre dans lequel les Parisiens s'attendaient à voir les Ballets Russes. Située sur le boulevard de Sébastopol, dans un arrondissement populaire, elle était le lieu de prédilection de l'opérette, et son public était celui du quartier. Quand les gens du quartier* virent le public habituel de Diaghilev arriver pour la Première, en chapeaux haut-de-forme et queue-de- pie, en robes du soir et diamants, ils sifflèrent et huèrent. Et pourtant, bien que la venue du Ballet en ces lieux fût plutôt une «déchéance», le résultat fut que le public commença à apprécier le spectacle. »

R Buckle.Diaghilev. Waidenfield and Nicolson, London, 1979.

*en français dans le texte

trad. par les auteurs du site

 

 

 

The Apollonian Clockwork: On Stravinsky

 Par Louis Andriessen,Elmer Schönberger Amstedam University Press, 2006. Forma formans, p.45

« Stravinsky's music sounds improvised. A musical subject is introduced, but th thought is broken up and the composer changes to another subject – like a witty speaker during a pleasant lnch, flooding with good white wine who, after a quip pulls another anecdote out of his hat. « Oh yes I want to tell you what Misia Sert said when she stepped into her box at the Gaité Lyrique theatre. «  ( In 1921 Diaghilev decided to make his contribution to the socializing of the arts. He rendted the Gaité Lyrique, a small theatre in the workers'district of paris and managed - through publicity in the neighbourhood – to attract the local residents into a theatre which put on mostly operettas. That succeeded nicely. After a few performances the hall was filled with an entirely different audience from the mundane chic people who usually attended the Ballets Russes. One evening the wealthy Misia Sert came to a performance. Whenshe arrived at her box, she directed her binoculars into the crowded hall, saw no one well known, – only unshaved faces – and said, surprised: «  There's nobody here ! « « 

 

« La musique de Stravinsky a l'air d'être improvisée. Le thème musical est introduit puis la pensée s'éparpille et le compositeur se lance dans un autre thème – un peu comme fait une personne spirituelle pendant un repas agréable, arrosé de bon vin blanc, qui, après un bon mot, tire de son chapeau une nouvelle anecdote. « Tiens, je vais vous dire ce que Misia Sert* a dit quand elle est arrivée dans sa loge au théâtre de la Gaité Lyrique. ( En 1921 Diaghilev décida d'apporter sa pierre à la démocratisation de l'art. Il loua la Gaité Lyrique, un petit théâtre dans un quartier populaire de Paris, et réussit, grâce à la publicité dans le voisinage, à attirer un public local qui n'y allait à priori que pour les opérettes. Cela a bien réussi. Après quelques représentations, la salle s'est trouvée remplie d'un public aux antipodes du public mondain et chic qui, en général, fréquentait les Ballets Russes. Un soir, la richissime Misia Sert vint assister à une représentation. Arrivée dans sa loge, elle dirigea ses jumelles vers la salle bondée, ne retrouva aucune personne connue – seulement des visages mal rasés-- et s'écria surprise «  mais il n y 'a personne ici ! » ). « 

Louis Andriessen,Elmer Schönberger

The Apollonian Clockwork. On Stravinsky. Amsterdam University press, 2006

* Misia Sert, pianiste et d'une famille d'artistes, a tenu un salon littéraire au début du 20ème siècle.

trad. par les auteurs du site